Into the wild

Mon Farewell aux Adirondack a été ensorcelant.

Une dernière nuit dans mon chalet perdu – quelque peu angoissant à la nuit tombée. Mille étoiles brillent, les grenouilles croassent leur comptines de bonne nuit, la nuit devient épaisse ; et soudain ma solitude passe de paisible à pesante. J’aimerai partager le crépitement du feu de cheminée, le grincement des volets et les ombres dans la forêt avec d’autre que mon esprit qui vagabonde.

Il faudra pourtant dormir, pour demain avoir la force de porter mon bâton de sorcière/randonneuse.  Je tiens la méthode de ma Mère-Grand : tenir un bâton à bout de bras, devant soi, pour éliminer sur son passage les toiles d’araignées. La culpabilité de détruire les habitats de ces méticuleuses travailleuses est rapidement dépassée par le stupide dégout et la peur incontrôlable, inexpliquée qui m’assaillit quand une toile effleure mon visage. Je n’écoute que ma peur, et brandis mon précieux bâton, que je fais tournoyer devant moi telle une baguette protectrice. Je ne suis pas très fière, mais je me félicite de ne porter sur moi ni araignée ni habitat.

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Au bout du chemin, je dépasse enfin la cime des arbres. Je remercie mon stick de combat et entame l’étape escalade. Je renoue avec mes souvenirs d’entrainement en forêt de Fontainebleau et me ballade jusqu’au sommet de Cobble Hill. Je fais la rencontre de Max, ses parents, sa grande sœur et son petit frère. Je devrai être bien prudente en entamant la descente, ‘’ça glisse vachement, mais c’est fun’’. Il s’excuse si les écureuils sont tous cachés, mais ils ont pris peur car son petit frère gazouillait trop fort… mais il est ‘’beaucoup trop petit’’ pour comprendre alors il ne faudrait pas lui en vouloir! Vaillant et bienveillant, Max continue son aventure et j’atteins le sommet. Il n’avait pas menti, ‘’on voit tout’’.

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Il semble si facile ici d’atteindre la paix. Depuis ces pierres dominant la vallée, j’admire. Sous mes pieds, une ville où crépite le bacon et coule le sirop d’érable. Sous mes yeux, à perte de vue, des bois et des neiges fondues. Des routes infinies qui lient mille trésors enfouis. En voilà un vrai open space… dans lequel l’esprit vagabonde librement et grandit, s’enrichit et ne connait pas de limite. Ces limites, que l’on ne les repousse jamais assez. Vitrés et climatisés, nos open space nous conditionnent à repousser des limites économiques et  de productivité. Depuis ma prison dorée, quand j’arrivais à m’écouter penser, j’allais toujours au-delà de ces frontières idéologiques. Il m’est difficile d’exprimer le bonheur d’avoir atteint et dépassé ces frontières, physiquement. C’est une vraie victoire, tant savoureuse que dévorante.

Je suis descendue quand les écureuils entamaient leur chasse à la noisette. Intrépides, ils s’appliquent à récolter leur butin sans se soucier de ma présence.

De retour à Montréal en début de soirée, juste à temps pour improviser quelques gâteaux pour le Birthday boy du jour. Une pincée de ceci, une lichette de cela, on goute du bout du doigt, on rajoute un peu de chocolat ; et hop. On est saufs, les bougies pourront être soufflées !

Avant d’entamer l’ultime épreuve Wild, je profite d’une dernière journée dans Montréal. Je ne me lasse pas des rues pleines de vie, d’art impromptu, de façades florissantes d’escaliers, de lierre, hortensia et rosiers. A l’ombre d’un arbre du Mont Royal, un raton laveur se met en boule – lui non plus ne semble pas apprécier le chant strident des corbeaux. Il se hisse au sommet, et se blottit entre une branche et le tronc solide de l’un des majestueux habitants de cette incroyable forêt, en cœur de ville. Ici, les bois vibrent de magie et malice. Les arbres coupés sont des trônes pour lutins et les écureuils se servent dans les sacs de Pic-Nic des plus rêveurs.

Demain, nous partons pour 3 jours de camping, sur une ile déserte, atteignable uniquement à la rame. La dernière expérience ‘’cousines bécassines’’ en nature était mémorable, mais j’espère quand même que nous ferons mieux au niveau gestion de tente. First thing first, une manucure + pédicure est indispensable : si le choix des couleurs est un calvaire, le massage des pieds est un plaisir. Tout est prêt : casquettes animaux (oui, il y aura des photos), raquettes de badminton, chamallows à griller et les restes du méchoui d’anniv. Bel exercice pour moi que de partir en camping, avec pour seul assainissant de l’huile essentielle de lavande (aspic !) et la promesse de 3 matins sans shampoings. Ça va bien se passer …

 

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